Poemas en francés, sesión 3

Émile Nelligan (Montreal, 24 de diciembre de 1879 – Hospital Saint-Jean-de-Dieu, 18 de noviembre de 1941) fue un poeta canadiense en lengua francesa. Discípulo del simbolismo, su poesía fue influida por Octave Crémazie, Louis Fréchette, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Georges Rodenbach, Maurice Rollinat y Edgar Allan Poe. Entre los temas recurrentes de sus poemas se encuentran la infancia, la locura, la música, el amor y la muerte. Hundido en la locura a su temprana edad permaneció en una institución el resto de su vida. Varios consideran Nelligan como el poeta nacional de Quebec.

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1.

Soir d’hiver
Emile Nelligan (Canada, 1879-1941)

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A la douleur que j’ai, que j’ai.

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire! Où-vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.
Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A tout l’ennui que j’ai, que j’ai…

1.

Noche de invierno
Emile Nelligan (Canada, 1879-1941)

¡Ay, cómo nevó la nieve!
Mi ventana es un jardín helado.
¡Ay, cómo nevó la nieve!
¡Qué es el espasmo de la vida, qué,
Al lado del dolor que hay en mí, que hay!

Los estanques todos gélidos yacen
Negra es mi alma. ¿Adónde voy? ¿En dónde vivo
Sus esperanzas todas gélidas yacen.
La nueva Noruega soy
De la que huyeron los rubios cielos.

Llorad pájaros de febrero por el sombrío
Escalofrío que hay en las cosas.
Llorad pájaros de febrero,
Llorad mis rosas, llorad mis llantos,
Entre las altas ramas del cedro.

¡Ay, cómo nevó la nieve!
Mi ventana es un jardín helado.
¡Ay, cómo nevó la nieve!
¡Qué es el espasmo de la vida, qué,
Al lado del tormento que hay en mí, que hay!

2.

À Georges Rodenbach
Emile Nelligan (Canada, 1879-1941)

Blanc, blanc, tout blanc, ô Cygne ouvrant tes ailes pâles,
Tu prends l’essor devers l’Éden te réclamant,
Du sein des brouillards gris de ton pays flamand
Et des mortes cités, dont tu pleuras les râles.

Bruges, où vont là-bas ces veuves aux noirs châles ?
Par tes cloches soit dit ton deuil au firmament !
Le long de tes canaux mélancoliquement
Les glas volent, corbeaux d’airain dans l’air sans hâles.

Et cependant l’Azur rayonne vers le Nord
Et c’est comme on dirait une lumière d’or,
Ô Flandre, éblouissant tes funèbres prunelles.

Béguines qui priez aux offices du soir,
Contemplez par les yeux levés de l’Ostensoir
Le Mystique, l’Élu des aubes éternelles !

2.

A Georges Rodenbach
Emile Nelligan (Canada, 1879-1941)

Blanco, blanco, todo blanco, oh Cisne que abres tus pálidas alas,
levantas el vuelo ante el Edén que te llama,
del seno gris de la neblina de tu país flamenco
y de muertas ciudades, cuyo estertor lloraste.

Brujas, ¿a dónde van las viudas de negros mantos?
¡Por tus campanas se propague tu luto en el cielo!
A lo largo de tus canales, con toque melancólico
doblan las campanas, cuervos de bronce en el aire claro.

Y, sin embargo, el azul irradia hacia el Norte
como si fuese una luz de oro
que deslumbra, oh Flandes, tus fúnebres pupilas.

Monjas que rezan en los oficios vespertinos,
contemplen por los ojos levantados de la Custodia
¡al Místico, al Elegido de las albas eternas!

Versión de León Plascencia Ñol y Francoise Roy

3.

Sur un portrait du Dante
Emile Nelligan (Canada, 1879-1941)

C’est bien lui, ce visage au sourire inconnu,
Ce front noirci du hâle infernal de l’abîme,
Cet oeil où nage encor la vision sublime :
Le Dante incomparable et l’Homme méconnu.

Ton âme herculéenne, on s’en est souvenu,
Loin des fourbes jaloux du sort de leur victime,
Sur les monts éternels où tu touchas la cime
A dû trouver la paix, ô Poète ingénu.

Sublime Alighieri, gardien des cimetières !
Le blason glorieux de tes oeuvres altières,
Au mur des Temps flamboie ineffaçable et fier.

Et tu vivras, ô Dante, autant que Dieu lui-même,
Car les Cieux ont appris aussi bien que l’Enfer
À balbutier les chants de ton divin Poème.

3.

Sobre un retrato de Dante
Emile Nelligan (Canada, 1879-1941)

Es él, ese rostro de sonrisa desconocida,
esa frente quemada por el bronce infernal del abismo,
este ojo donde nada aún la visión sublime:
el Dante incomparable y el Hombre ignorado.

Tu alma hercúlea, nos hemos acordado,
lejos de los pérfidos, celosos de la suerte de su víctima,
sobre los eternos montes cuya cima tocaste,
debió hallar la paz, oh Poeta ingenuo.

¡Sublime Alighieri, guardián de camposantos!
El glorioso blasón de tus obras altivas,
en el muro del Tiempo ondea orgulloso e imborrable.

Y vivirás, oh Dante, tanto como Dios mismo,
pues los cielos aprendieron, igual que el infierno,
a balbucir los cantos de tu divino Poema.

4.

Devant deux portraits de ma mère
Emile Nelligan (Canada, 1879-1941)

Ma mère, que je l’aime en ce portrait ancien,
Peint aux jours glorieux qu’elle était jeune fille,
Le front couleur de lys et le regard qui brille
Comme un éblouissant miroir vénitien !

Ma mère que voici n’est plus du tout la même ;
Les rides ont creusé le beau marbre frontal ;
Elle a perdu l’éclat du temps sentimental
Où son hymen chanta comme un rose poème.

Aujourd’hui je compare, et j’en suis triste aussi,
Ce front nimbé de joie et ce front de souci,
Soleil d’or, brouillard dense au couchant des années.

Mais, mystère de coeur qui ne peut s’éclairer !
Comment puis-je sourire à ces lèvres fanées ?
Au portrait qui sourit, comment puis-je pleurer ?

4.

Ante dos retratos de mi madre
Emile Nelligan (Canada, 1879-1941)

Mi madre, y cómo la amo en este retrato antiguo,
pintado en días gloriosos cuando ella aún era joven,
color de lis la frente y la vista que brilla
como resplandeciente espejo veneciano.

Pero mi madre ya no es en absoluto la misma:
le ahuecan las arrugas el mármol de la frente,
el brillo se opacó de aquel tiempo emotivo
cuando su himen cantaba como un poema rosa.

Ahora mismo comparo, y eso me hace estar triste,
esa frente nimbada y esta frente inquieta:
sol de oro y densa bruma en la edad del crepúsculo.

¡Oh misterio del alma que no puede aclararse!
¿Cómo he de sonreírle a esta boca marchita?
Y al retrato que ríe ¿cómo puedo llorarle?

5.

Quelqu’un pleure dans le silence…
Emile Nelligan (Canada, 1879-1941)

Quelqu’un pleure dans le silence
Morne des nuits d’avril;
Quelqu’un pleure dans la somnolence
Longue de son exil;
Quelqu’un pleure sa douleur
Et c’est mon cœur !

5.

Alguien llora en silencio…
Emile Nelligan (Canada, 1879-1941)

Alguien llora en silencio
de las noches de abril;
alguien llora el entresueño
largo de su exilio;
alguien llora su dolor,
y es mi corazón…

6.

La cousine
Gérard de Nerval (1808-1855)

L’hiver a ses plaisirs ; et souvent, le dimanche,
Quand un peu de soleil jaunit la terre blanche,
Avec une cousine on sort se promener…
– Et ne vous faites pas attendre pour dîner,

Dit la mère. Et quand on a bien, aux Tuileries,
Vu sous les arbres noirs les toilettes fleuries,
La jeune fille a froid… et vous fait observer
Que le brouillard du soir commence à se lever.

Et l’on revient, parlant du beau jour qu’on regrette,
Qui s’est passé si vite… et de flamme discrète :
Et l’on sent en rentrant, avec grand appétit,
Du bas de l’escalier, – le dindon qui rôtit.

6.

La prima
Gérard de Nerval (1808-1855)

Hay placeres de invierno, y a menudo el domingo,
cuando un poco de sol dora la tierra blanca,
con la prima salimos para dar un paseo…
-Pero no volváis tarde, que la cena no espera.

Cuando en las Tullerías ya hemos visto cien veces
entre troncos negruzcos muchas ropas floridas,
tiene frío la joven… Y nos dice que empieza
a notarse la niebla que acompaña al crepúsculo.

Y volvemos hablando de ese día feliz
que pasó tan aprisa… y de amor insinuado.
Y se huele al entrar, con enorme apetito,
desde el mismo portal, nuestro pavo en el horno.

7.

Artémis
Gérard de Nerval (1808-1855)

La Treizième revient… C’est encor la première ;
Et c’est toujours la Seule, – ou c’est le seul moment :
Car es-tu Reine, ô Toi! la première ou dernière ?
Es-tu Roi, toi le seul ou le dernier amant ? …

Aimez qui vous aima du berceau dans la bière ;
Celle que j’aimai seul m’aime encor tendrement :
C’est la Mort – ou la Morte… Ô délice ! ô tourment !
La rose qu’elle tient, c’est la Rose trémière.

Sainte napolitaine aux mains pleines de feux,
Rose au coeur violet, fleur de sainte Gudule,
As-tu trouvé ta Croix dans le désert des cieux ?

Roses blanches, tombez ! vous insultez nos Dieux,
Tombez, fantômes blancs, de votre ciel qui brûle :
– La sainte de l’abîme est plus sainte à mes yeux !

7.

Artemis
Gérard de Nerval (1808-1855)

La treceava vuelve… Vuelve a ser la primera;
y la única es siempre, o el único momento;
pues, tú, reina ¿quién eres? ¿la primera o la última?
Y, tú, rey ¿el amante único o el postrero?…

Amar a quien amé desde la cuna al féretro;
Ila que yo amaba solo aún me ama tiernamente!
Es la muerte o la muerta… ¡Oh delicia! ¡Oh tormento!
La rosa que sostiene no es rosa, es Malvarrosa.

Santa napolitana de manos que son fuego,
rosa de alma violeta, flor de la santa Gúdula:
encontraste tu cruz en los cielos desérticos?

¡Rosas blancas, caed! que insultáis a mis dioses,
caed, fantasmas blancos, de vuestro cielo ardiente:
-La santa del abismo es más santa a mis ojos.

8.

Antéros
Gérard de Nerval (1808-1855)

Tu demandes pourquoi j’ai tant de rage au coeur
Et sur un col flexible une tête indomptée ;
C’est que je suis issu de la race d’Antée,
Je retourne les dards contre le dieu vainqueur.

Oui, je suis de ceux-là qu’inspire le Vengeur,
Il m’a marqué le front de sa lèvre irritée,
Sous la pâleur d’Abel, hélas ! ensanglantée,
J’ai parfois de Caïn l’implacable rougeur !

Jéhovah ! le dernier, vaincu par ton génie,
Qui, du fond des enfers, criait : ” Ô tyrannie ! “
C’est mon aïeul Bélus ou mon père Dagon…
Ils m’ont plongé trois fois dans les eaux du Cocyte,
Et, protégeant tout seul ma mère Amalécyte,
Je ressème à ses pieds les dents du vieux dragon.

8.

Anteros
Gérard de Nerval (1808-1855)

Por qué en mi corazón hay tanta rabia, dices,
y en mi cuello flexible una cabeza indómita;
es porque yo provengo de la raza de Anteo
y hago volver los dardos contra el dios vencedor.

Yo soy de aquéllos, sí, que el Vengador alienta,
él me marcó la frente con su boca irritada,
bajo la palidez de Abel, llena de sangre,
lel rubor implacable de Caín tengo a veces!

Jehovah, aquél que, vencido por tu genio, el postrero,
del fondo del infierno gritaba: “¡Oh tiranía!”
es mi abuelo Belús o mi padre Dagón…

Tres veces me bañaron en las aguas del Cócito,
y, único protector de mi madre Amalécita,
siempre a sus pies los dientes del viejo dragón, siembro.

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