Poemas en francés, sesión 2

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1.

Corps à corps
de Michèle Corti
Recueil : Poésie d’amour (2002)

Fusion des corps, fusion des cœurs
Hymne à la vie, halte à la peur.
Dans le chatoiement des corolles
Le corps de Nature s’affole,

S’enroulent tous ses beaux pistils
Offerts à l’Amour, qui distille
La fécondité enivrante
Dans la volupté jaillissante…

Fusion des cœurs, fusion des corps
Nos âmes prennent leur essor
Atteignent enfin les nuages
Septième ciel, on n’est pas sages !

Planons tous deux, prenons le temps,
Non, personne ne nous attend ;
Seuls, cœur à cœur, et corps à corps
Oublions tout jusqu’à l’aurore !

2.

A MON CORPS
PAR JEAN WAHL

Ils ne m’auront ni par la faim ni par la peur
Et s’ils m’avaient un jour, ce serait mon squelette
Et s’ils faisaient un jour ma dernière toilette
Ils trouveraient changé mon corps, mais non mon coeur.
Mais nous serons bien un ou deux

Le monde usé jusqu’à la corde
découvre son envers hideux
Et l’univers se désaccorde
mais nous serons bien un ou deux
pour ne pas nous soucier des hordes
et pour lever encor les yeux.

3.

NOS CORPS I
PAR ANDRÉE CHEDID

Nos corps tissent la vie
Et puis tissent la mort
A perdre regard
Ils vont

Au point de ne plus être
Ils étaient cependant
J’existais

Et tu vas
Dans le cerne de toute chair
Dans la maison des yeux
Dans l’amour vulnérable
Dans l’incessant renaître.

4.

Parfum exotique 
de Charles Baudelaire

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne,
Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone ;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont œil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

5.

LUMIÈRE DU CORPS
PAR FRANÇOIS MAURIAC

Ton corps laiteux et roux, éclairé du dedans.
Illumine la chambre étouffante.
Notre amour à laissé l’odeur d’un grand tourment.
Une orageuse odeur dans la chambre étouffante.
Cette lampe que tu posas sur le tapis

L’éclaire moins que tes jambes pures.

Ah ! tant qu’un
Autre en moi me laisse du répit,
Les paumes de mes mains suivront tes jambes pures.

Aimons-nous sourdement afin que nos étreintes
N’attirent pas
Celui qui les hait
De peur qu’il ne rallume en nous la lampe éteinte.
Cachons notre folie à celui qui la hait.
Même si notre lampe est éteinte, l’Époux
Verra la mèche fumer encore.
La cendre couvrira ton corps laiteux et roux,
La cendre étouffera l’amour qui brûle encore.

6.

CORPS ET ÂMES
PAR RENÉ-FRANÇOIS SULLY PRUDHOMME

Heureux les cœurs, les cœurs de sang !
Leurs battements peuvent s’entendre ;
Et les bras ! Ils peuvent se tendre,
Se posséder en s’enlaçant.
Heureux aussi les doigts ! Ils touchent ;
Les yeux ! Ils voient. Heureux les corps !
Ils ont la paix quand ils se couchent,
Et le néant quand ils sont morts.
Mais, oh ! Bien à plaindre les âmes !
Elles ne se touchent jamais :
Elles ressemblent à des flammes
Ardentes sous un verre épais.
De leurs prisons mal transparentes
Ces flammes ont beau s’appeler,
Elles se sentent bien parentes,
Mais ne peuvent pas se mêler.
On dit qu’elles sont immortelles ;
Ah ! Mieux leur vaudrait vivre un jour,
Mais s’unir enfin !… dussent-elles
S’éteindre en épuisant l’amour !
Extrait de: 
 Les solitudes (1869)

7.

LE CORPS ET L’ÂME
PAR MAX JACOB

L’âme —
Vous m’avez trompée.
Le corps —
Vous m’avez trompé.
L’âme —
Vous m’avez conduite d’erreur en erreur vers le rideau qui
cache le noir.

Le corps —
Vous m’avez conduit vers la laideur et la vieillesse et l’infirmité.
L’âme —
Vous m’avez conduite vers le bain et j’ai perdu ma ductilité.
J’ai perdu ma transparence.
L’âme a perdu son âme dans un bain de plomb fondu.
Voyez, je ne suis plus une âme, je suis piquée au plomb, déformée, épaissie.
Où ai-je perdu ma substance ?
Dans ce bain.
Le corps —
J’ai obéi à mon âme qui me menait là où vont les corps, dans leur bain de corps obèses.
Si vous m’aviez mené où vont les âmes, je serais resté jeune.
Je serais devenu noble comme sont les âmes.
C’était à vous de me tenir.
L’âme —
Max, éveille-toi.
Le corps —
Misère ! le rideau noir.

8.

Celle de toujours, toute
de Eugène Emile Paul Grindel, dit Paul Eluard

Si je vous dis : j’ai tout abandonné
C’est qu’elle n’est pas celle de mon corps,
Je ne m’en suis jamais vanté,
Ce n’est pas vrai
Et la brume de fond où je me meus
Ne sait jamais si j’ai passé.

L’éventail de sa bouche, le reflet de ses yeux,
Je suis le seul à en parler,
je suis le seul qui soit concerné
Par ce miroir si nul où l’air circule à travers moi
Et l’air a un visage aimant, ton visage,
A toi qui n’as pas de nom et que les autres ignorent,
La mer te dit : sur moi, le ciel te dit : sur moi,
Les astres te devinent, les nuages t’imaginent
Et le sang de la générosité
Te porte avec délices.
Je chante la grande joie de te chanter,
La grande joie de t’avoir ou de ne pas t’avoir,
La candeur de t’attendre, l’innocence de te connaitre,

O toi qui supprimes l’oubli, l’espoir et l’ignorance,
Qui supprimes l’absence et qui me mets au monde,
Je chante pour chanter, je t’aime pour chanter
Le mystère où l’amour me crée et se délivre.

Tu es pure, tu es encore plus pure que moi-même.

9.

DES MAINS
PAR JACQUES GOURVENNEC

Des mains comme des ombres
Ces ombres que l’on porte aux bout de l’invisible
Des mains comme une issue
Comme un possible lien
Comme un attachement
Des mains raccommodant nos lèvres d’impossible
A recoudre le temps derrière les ossements.
Des mains, comme des phrases et les mots que l’on pense
Ces mots que l’on suppose au creux d’un sentiment
Des mains comme une rime, aux paroles qui dansent
Des mains, comme des voiles, un bateau sous le vent
Des mains comme des voix, ces voix comme des cris
Des mains rongées des peurs, d’autres mains qui nous mentent
Et qui miment les larmes aux promesses de nuit
Ces mains comme la mer dans nos vagues d’ennui
Des mains pour nous vêtir d’amour que l’on proclame
Des mains comme un poème aux portes de secours
Des mains comme un regret dans les yeux d’une femme
Qui aime ou vous condamne à force de détours
Des mains comme l’on donne en silence son âme
Que l’autre n’entend pas…
Que l’autre ne sait pas.
Des mains pour se laver, des sentences infâmes
Des mains comme une fronde, en place des discours
Des mains que l’on réclame, qu’on saigne et que l’on coupe
Qu’un juge s’entribune
Au nom d’une autre cour
Extrait de: 
 Poète sale type

10.

L’ÉCHO DU CORPS
PAR GHÉRASIM LUCA

prête-moi ta cervelle
cède-moi ton cerceau
ta cédille ta certitude
cette cerise
cède-moi cette cerise
ou à peu près une autre
cerne-moi de tes cernes
précipite-toi
dans le centre de mon être
sois le cercle de ce centre
le triangle de ce cercle
la quadrature de mes ongles
sois ceci ou cela ou à peu près
un autre
mais suis-moi précède-moi
séduction
entre la nuit de ton.nu et le jour de tes joues entre la vie de ton visage et la pie de tes pieds entre le temps de tes tempes et l’espace de
ton esprit entre la fronde de ton front et les pierres de
tes paupières entre le bas de tes bras et le haut de tes os
entre le do de ton dos et le la de ta langue entre les raies de ta rétine et le riz de ton iris entre le thé de ta tête et les verres de tes
vertèbres entre le vent de ton ventre et les nuages de
ton nu entre le nu de ta nuque et la vue de ta vulve entre la scie de tes cils et le bois de tes doigts • entre le bout de tes doigts et le bout de ta
bouche entre le pois de tes poils et la poix de ta poitrine entre le point de tes poings et la ligne de tes
ligaments entre les pôles de tes épaules et le sud-est de
ta sueur entre le cou de tes coudes et le coucou de ton
cou entre le nez de tes nerfs et les fées de tes fesses entre l’air de ta chair et les lames de ton âme entre l’eau de ta peau et le seau de tes os entre la terre de tes artères
et le feu de ton
souffle entre le seing de tes seins et les seins de tes
mains entre les villes de ta cheville et la nacelle de
tes aisselles entre la source de tes sourcils et le but de ton
buste entre le musc de tes muscles et le nard de tes
narines
entre la muse de tes muscles et la méduse de
ton médius entre le manteau de ton menton et le tulle de
ta rotule entre le tain de ton talon et le ton de ton
menton entre l’œil de ta taille et les dents de ton sang entre la pulpe de ta pupille et la serre de tes
cernes entre les oreilles de tes orteils et le cervelet de
ton cerveau entre l’oreiller de tes oreilles et la taie de ta tête entre le lévrier de tes lèvres et le poids de tes
poignets entre les frontières de ton front et le visa de
ton visage entre le pouls de tes poumons et le pouls de
ton pouce entre le lait de tes mollets et le pot de ta
paume entre les pommes de tes pommettes et le plat
de tes omoplates entre les plantes de tes plantes et le palais de
ton palais entre les roues de tes joues et les lombes de tes
jambes entre le moi de ta voix et la soie de tes
doigts entre le han de tes hanches et le halo de ton
haleine
entre la haine de ton aine et les aines de tes
veines entre les cuisses de tes caresses et l’odeur de
ton cœur entre le génie de tes genoux et le nom du
nombre du nombril de ton ombre

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